La vallée du Cruzini se situe au nord d’Ajaccio, dans l’intérieur des terres du golfe de Sagone. A l’écart du flux touristique longeant la côte ouest de la Corse et mal desservie par le réseau routier, cette vallée a toujours conservé sa quiétude.
Les petits villages de Rosazia, Rezza, Pastricciola, surgissent çà et là du maquis, ne sortant de leur torpeur qu’en période estivale ou le week-end venu !

Monte Cervellu domine la vallée du haut de ses 1624 m. Ce sommet offre un très beau belvédère sur la région et les vallées voisines, et notamment son voisin direct, Monte Tretorre, à la forme très caractéristique.
Le parcours est ombragé sur une grande partie. Il n’y a pas de balisage, juste un chemin plus ou moins précis, avec de nombreux carrefours qui peuvent tromper ! Attention à l’orientation !
960 m de dénivelé, 8 kms aller-retour, compter environ 3h pour atteindre le sommet.

Le départ se situe à Rosazia. Depuis Ajaccio prendre la route de Bastia puis tourner à gauche vers Vero pour rejoindre le col de Tartavelle.
On entre alors dans la vallée du Cruzini, que la route sinueuse permet d’observer. 1km après le pont d’Azzana, prendre à gauche vers Salice et Rosazia. La route est étroite et peu fréquentée, attention aux chiens affalés dans les rues des villages et aux quelques vaches divaguant ! 300 m après le centre de Rosazia, s’arrêter dans le virage à gauche.
Une fois garé, prendre le sentier qui part à gauche. Après 100 m, franchir un pont et laisser le sentier à gauche pour prendre le chemin opposé qui s’ouvre alors.
On traverse une forêt mêlant le maquis et les pins maritimes qui procure une protection bienvenue l’été venu. Il ne faut pas relâcher sa vigilance, car l’endroit est parcouru par plusieurs chemins pouvant induire en erreur. La carte est d’une aide précieuse sur ce parcours, et l’envahissement de la végétation n’aide pas.

Le chemin serpente sur la face sud de l’arête de Monte Cervellu, et fini par sortir de la forêt pour laisser entrevoir le col de Capizzolu, qui se rapproche.
Arrivé au col on franchi un beau mur de pierre, qui nous fait passer sur le territoire de la commune voisine.

Le mur de pierre est construit sur la longueur de la crête. Il donne la direction de Monte Cervellu dont la silhouette se détache au loin. Il faut longer ce mur sur sa gauche.

Arrivé au bout du mur, le sentier reste en lisière de forêt et évite par la gauche un mamelon orné d’une croix. En se retournant on peut observer la côte du golfe de Sagone et le village de Rosazia en contrebas.
Le panorama est déjà très beau, pourvu que la visibilité soit au rendez-vous.

On arrive alors aux bergeries où l’on trouve également une source. L’endroit est idéal pour une halte avant la montée finale au sommet.
Le chemin se poursuit plus ou moins précisément sur un éboulis instable, qu’il faut parcourir avec prudence pour éviter les glissades, même si la pente n’est pas très raide. Il faut parcourir quelques dizaines de mètres supplémentaires au sommet pour arriver à la vue finale.
Depuis le sommet dégarni de Monte Cervellu, qui se trouve à la limite du Parc Naturel Regional de la Corse, on peut observer la vallée voisine des Deux-Sorru, avec Guagno, Soccia et Poggiolo, avec la chaîne du Cinto, du Rontondo et de Monte D’Oro en toile de fond.

L’élément le plus caractéristique du paysage et le plus intéressant est le Mont Tretorre, dont la forme au granit poli émerge des pins maritimes à l’est de Monte Cervellu.

Télécharger le parcours pour IGN Rando
De retour au véhicule, je conseille vivement une escapade au village de Muna, situé 5 kms après Rosazia, au nord.
La petite route qui descend vers le village donne une perspective sur le site. Installé à flanc d’une paroi rocheuse qui le domine de 600 m, le hameau semble figé dans le temps.
On constate assez rapidement que les lieux sont abandonnés. Même si la majorité de la vingtaine de bâtiments qui constituent le village sont encore debout, quelques toitures ont visiblement beaucoup souffert.
Après avoir garé le véhicule sur la route, on peut entrer dans le village à pied en suivant le petit chemin de pierre aménagé en lacets. On peut observer ici quelques très beaux exemples de l’architecture rustique corse, avec ses maisons massives en granit.
Les pourtours des portes et fenêtres gardent les traces de peinture vive. Le chemin de pierre serpente en montant dans le village. Quelques maisons sont visiblement restaurées et habitées, mais le silence n’est pas troublé.
Les pierres polies résonnent encore des cris d’enfant et des discussions des anciens. Tout le village semble avoir été construit pour favoriser la vie en communauté, les entrées des maisons étant encadrées de bancs de pierres invitant à s’asseoir.
On trouve ensuite un ancien moulin et quelques fours à pain. C’est en arrivant sur la petite place du village que l’on aperçoit la plaque commémorative installée sur le mur de l’église.
Comme beaucoup d’autres villages de Corse et de France, Muna paya le prix fort durant la Grande Guerre : 8 membres de la même famille disparurent en 14-18, laissant femmes et enfants et emportant avec eux savoir-faire agricole, mémoire familiale. Un véritable désastre pour un village aussi petit, qui ne s’en relèvera visiblement jamais, la désertification achevant le travail.
Une visite émouvante, pour qui sait lire et écouter les traces du passé…






On passe sous quelques arbres avant de quitter le maquis et d’attaquer le granit de Capo Rosso. La tour disparait derrière le sommet.













