Le Jodel D119T est un petit avion de tourisme de la fin des années 50. Construit en bois et toile, il est équipé d’un moteur de 90 cv. Le F-PZBQ a été utilisé en Corse pour la surveillance des feux de forêts et a servi à la formation de dizaines de pilotes au sein de l’Aéroclub de la Corse. Avec sa livrée rutilante rouge et jaune et son train tricycle, il est une véritable mémoire volante de l’histoire aéronautique insulaire.
Sur demande du Musée Aéronautique Corse, qu’il a rejoint en 2005, j’ai réalisé une petite séance photo de Bravo-Quebec un beau matin d’automne, au départ d’Ajaccio. L’occasion de s’initier aux prises de vues aériennes…

D’emblée, la prise de vues aériennes pose plusieurs problèmes : habituellement, au sol, un paysage que l’on photographie est fixe, la lumière du soleil également, on est finalement le seul mobile, si on a la mauvaise idée de prendre son cliché en marchant ! Ici, c’est le sujet photographié qui bouge, l’avion transportant le passager qui bouge, et la lumière qui change en fonction du placement des uns et des autres.
Le choix de la séance un matin d’automne est relativement bon, l’atmosphère étant calme, le soleil bas sur l’horizon et la lumière douce.

Les pilotes doivent être capables de maintenir la formation (exercice peu évident pour les pilotes privés), de placer les avions en fonction de la position du soleil afin que l’éclairage sur la carlingue de l’avion soit uniforme. Le timing est primordial afin d’aligner l’avion avec le paysage en arrière-plan.
La difficulté tient aussi des perspectives : pour obtenir une vue de l’avion avec le paysage en arrière-plan, la longueur focale doit etre relativement courte, ce qui oblige l’avion à maintenir la formation très serrée. Lors de cette séance, j’ai utilisé le Canon 70-300 mm IS USM. Sa fonction stabilisatrice m’a été d’une grande aide. J’avais emporté également le Tamron 17-50 mm pour prendre l’avion avec le paysage. Malheureusement il a été compliqué de maintenir la formation serrée du fait des différences importantes de performances des 2 avions, le Cessna étant bien plus puissant que le Jodel. La plupart du temps il a fallu donc photographier l’avion à distance raisonnable, ce qui réduisait le champ de vision du paysage.

Je me suis installé dans les places arrières du Cessna 172 utilisé pour l’occasion : il est relativement spacieux à l’arrière, ce qui permet de changer les objectifs sans problèmes et d’aller à droite et à gauche en fonction du positionnement des avions. Les prises de vue ont été effectuées à travers les vitres légèrement fumées du Cessna. Un coup de chiffon permet de débarrasser les vitres des quelques traces génantes en cas de lumière parasite. Le Cessna a les ailes hautes, ce qui est également pratique malgré la présence du mât reliant les ailes au bas du fuselage.

Comme toute activité aéronautique, un briefing permet d’établir les règles de ce jeu inhabituel et d’évoluer en toute sécurité : indiquer qui dirige le vol, qui fait la radio, quel plan de vol va etre suivi, quelles prises de vues on souhaite effectuer. Des signes basiques avec la main permettent d’établir la communication entre le photographe et le pilote de l’avion photographié pour mieux le positionner. Il faut maintenir le contact visuel constamment aussi est-t’il pratique d’emporter un passager qui s’en occupera pendant que le pilote pilote et que le photographe effectue ses réglages.
Je conseille enfin de prendre un cacheton contre le mal des transports et un ou deux petits sacs, ca peut aider lorsque l’on est dans un avion bougeant bouceaup pour garder la formation, et qu’on a l’oeil rivé dans l’oeilleton !
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