
Le lac de Bracca est avec le lac de Bastani le plus élevé des lacs du massif du Renoso. Sa situation montagnarde en fait aussi l’un des plus difficiles d’accès. L’endroit est en effet assez éloigné des différents points de départs disponibles.
Que ce soit depuis le col de Scalella, le col de Verde, la station de Ghisoni ou Ese, Bocognano ou Bastelica, la distance, le dénivelé et surtout la qualité des chemins en font un véritable petit défi !

La variante proposée ici part du plateau d’Ese. Personnellement j’ai réalisé ce parcours en deux temps en passant la nuit aux Pozzi de Bastelica avant de poursuivre vers le lac.
En tout 17 kms aller-retour et 1120 m de dénivelé. Compter 7h30 pour le parcours.
Il faut donc prévoir un départ assez tôt et des journées longues si l’on souhaite le réaliser en une fois.
Pour ma part le réveil permet d’admirer l’aube sur les Pozzi. Il ne reste alors que 600 m de dénivelé à parcourir avec toute la journée à disposition !

On ne reviendra sur le parcours vers les Pozzi de Bastelica, parce que ca me gonfle et que j’en ai dèjà parlé ici…
Le but est de rejoindre le col au nord-ouest qui ferme la vallée des Pozzi, Bocca della Calle.
Pour cela il suffit de passer par la partie supérieure des Pozzi, dite “Ecuries de Sampiero” où se trouvent toute une série de pozzines de dimensions plus petites et souvent plus asséchéess que celles à l’étage inférieur. Elles sont installées dans une sorte de cuvette rocheuse entourée d’un cirque rocheux, avec au fond une petite cascade. Il faut contourner par la gauche le mur rocheux infranchissable avec le maquis d’aulnes touffus.
Le col est dégarni sous l’action du vent et de la pression pastorale passée. On débouche sur un paysage assez montagnard constitué d’un cirque de granit parsemé de maquis et d’éboulis. Le cirque est encadré de Punta Capanella (au pied duquel se trouve notre fameux lac de Bracca) et par le massif du Renoso.
Dans le trou du cirque, se trouve 200 m plus bas le lac de Vitalacca. Celui-ci n’est pas visible depuis le col. On ne rejoindra pas ce lac, le dénivelé étant déjà conséquent, il est inutile de s’en rajouter si le but principal est Bracca (sinon c’est +200m et 1.5 kms en plus).

Il faut essayer d’évoluer à peu près en ligne de niveau et contourner le cirque par la droite pour atteindre Bocca della Cagnone, en face. De fait, il faut éviter de se faire embarquer par la plupart des cairns approximatifs présents qui ne vous emmenerons qu’au fond du cirque.
Arrivé au col, poursuivre sur la droite en suivant le chemin approximatif montant progressivement en devers autour du cirque. Autant le dire, le chemin est merdique car peu fréquenté. Eboulis, maquis d’aulnes infranchissable, chaos granitique s’enchainent en petites montées et descentes assassines pour les genoux ! J’y ai meme trouvé de la neige en plein mois de juillet…
Le paysage est néanmoins très sauvage et gratifiant : on surplombe la langue du lac de Vitalacca et une partie de la vallée de Bastelica. On distingue le verrou où se trouve le lac de Bracca, à vue de nez il semble proche mais il faut contourner tout le cirque pour y arriver !
C’est avec plaisir que l’on atteint Bocca della Cagnone. De ce col on peut observer toute la chaine de Monte d’Oro et la vallée de la Gravone, et même Paglia Orba et Monte Cinto si la visibilité le permet !

Passé le col, la galère n’est pas fini dans les derniers mètres pour atteindre le Lac de Bracca ! Une pente assez raide monte sur un terrain glissant, puis le chemin se perd dans les rochers et les aulnes.
Il faut alors progresser vers le lac que l’on commence à apercevoir au loin, parce que l’on a été contraint de monter un peu plus haut.
On arrive enfin au Lac de Bracca, enchassé à 2100 m dans son cirque de granit rougeatre. Des plaques de neige couvre la partie exposée nord de la roche.
Quelques images sur Toc2photo…
Les eaux du lac sont limpides et permettent d’apprecier la profondeur.
La vue à l’est est dégagé sur le Renoso, et permet de bien distinguer le profil à pente douce du plateau du Renoso.
Le lac est de taille relativement modeste mais n’en est pas moins beau et sauvage.
Le retour s’effectue par le meme chemin. Je n’aurais croisé absolument personne dans le coin (en plein mois de juillet) !



















